Le bilan, le BFR et la trésorerie

 

Le bilan comptable est souvent comparé à une photographie du patrimoine d'une entreprise à la clôture d'un exercice ou à des dates intermédiaires. C’est un bilan patrimonial qui liste à l’actif, ce que possède l’entreprise et, au passif, les financements dont elle dispose.

 

Sommaire
 

 

Comprendre le bilan en 3 minutes

 

 

 

Architecture du bilan comptable

 

Chaque année, l’entreprise est tenue d’établir ses comptes sociaux composés :
  • du compte de résultat qui décrit le déroulement de l’activité sur l’exercice et détermine le bénéfice ou la perte
  • du bilan qui est une photographie du patrimoine de l’entreprise
  • des annexes qui viennent donner des informations complémentaires tant sur le compte de résultat que sur le bilan
Contrairement au langage courant, en termes financiers, faire un bilan consiste à s’arrêter à un instant donné pour évaluer la situation patrimoniale. C’est un instantané à un moment précis, qui ne renseigne ni sur l’état passé ou futur.
 
Alors que dans le vocabulaire usuel, faire le bilan de sa carrière consistera à faire un résumé de sa période professionnelle en listant ses formations, ses expériences etc. Le bilan comptable est donc un état du patrimoine de l’entreprise à un instant donné. Le terme patrimoine doit aussi être appréhendé au sens financier. Quel est votre patrimoine ? La réponse la plus commune est : « Je possède une maison, un véhicule et des tas d’autres choses ! », mais jamais votre interlocuteur précise : « J’ai un prêt immobilier, un crédit à la consommation et des tas d’autres dettes ! ». Pourtant le patrimoine de cette personne, en termes financiers, correspond bien, d’une part, à ce qu’elle possède mais aussi, aux ressources mises en œuvre pour en faire l’acquisition ; son actif et son passif en quelque sorte !
 
De la même manière que pour cette personne, le bilan pourra se lire dans les deux sens : 
  • de gauche à droite : « j’ai acheté un véhicule en contactant un prêt ». Ainsi, dans le bilan, l’actif est l’ensemble des besoins à la date d’arrêté de l’exercice, et le passif est l’ensemble des ressources mises en œuvre pour répondre à ces besoins. L’actif correspond aux besoins, le passif aux ressources. 
  • ou de droite à gauche : « j’ai contracté un prêt pour acheter un véhicule ». Ainsi, dans le bilan le passif est l’ensemble des financements de l’entreprise, et l’actif est l’ensemble des utilisations (emplois) que l’entreprise en a fait. Le passif correspond aux financements, l’actif aux emplois.

 

 

Dans cette lecture, tous les besoins sont financés par les ressources ou tous les financements sont employés. C’est un autre principe fondamental du bilan comptable : actif = passif.
 
Le bilan comptable indique donc, à un instant donné, l’état patrimonial de l’entreprise en faisant état de toutes les ressources utilisées pour se procurer les besoins nécessaires à la réalisation de ses objectifs économiques.
 
Schématiquement, les ressources et les besoins de l’entreprise vont se décomposer en plusieurs catégories :
  • Le passif est composé de deux grandes catégories de ressources : 
    • Les fonds propres qui sont des ressources financières qui « appartiennent » à l’entreprise. Elles n’a pas à les rembourser. Ils sont généralement constitués par le capital, les mises en réserve, le résultat de l’exercice (bénéfice ou perte), le report à nouveau, les subventions d'investissement, les provisions réglementées;

      La ressource fondamentale de l’entreprise est son résultat. Or, les associés peuvent décider, lors de l’Assemblée Générale, d’affecter cette ressource créée par l’entreprise. Une partie peut être redistribuée sous forme de dividendes ou peut être laissée dans l’entreprise. Dans ce dernier cas, le résultat deviendra une « réserve » d’argent d’où l’appellation « mises en réserves » ou servir à augmenter le capital. De plus, les associés peuvent ne pas décider de l’affectation de tout ou partie du résultat et reporter leur décision à la prochaine Assemblée Générale. Cette partie du résultat non affectée, pour laquelle la décision est reportée, se nomme le « Report à nouveau ». Les réserves et le report à nouveau correspondent donc à tout ou partie du résultat des années précédentes. Le résultat de l’exercice, quant à lui, est le résultat de l’année avant toutes décisions d’affectation.
       
    • Les dettes qui sont des ressources prêtées (banques, fournisseurs, Etat etc.).
 
  • L’actif est composé de deux grandes catégories d’emplois :
    • Les actifs immobilisés qui correspondent à l’ensemble des immobilisations incorporelles, corporelles et financières figurant au bilan de l’entreprise (brevets, licences, fonds de commerce, bâtiments, machines, véhicules etc.).
       
    • Les actifs circulants. Ils sont dits « circulants » car ce sont des emplois non stables, c’est-à-dire dont la valeur change en permanence, qui découlent de l'exploitation de l'entreprise et ne sont pas destinés à rester longtemps dans son patrimoine. Par exemple, ce sont les stocks, les créances clients et les disponibilités.

 

 

Autre spécificité de construction du document : le classement logique des ressources (passif) et des emplois (actif)

Plus on descend dans le bilan, plus la ressource est précaire et plus la durée de possession de l’emploi est courte. En effet, les ressources sont classées au passif par degré croisant d’exigibilité. Plus elles sont vers le bas, plus vite elles devront être remboursée. Les emplois sont classés à l’actif par degré croissant de liquidité. Plus ils sont vers le bas, plus vite ils doivent se transformer en liquidités (en argent).

 

 

Dernière caractéristique : les « cycles » du bilan

Au jour de l’arrêté des comptes (de la photographie), les éléments figurant au bilan sont la conséquence des choix opérés au cours de l’exercice. 

En observant plus attentivement la nature des postes du bilan, il est facile de les classer par ensembles : les grandes masses et de mieux comprendre les décisions prises.

  • Le cycle de financement : toute entreprise dispose de ressources financières à long terme composées de ses fonds propres et de ses dettes à plus d’un an. Cet ensemble de ressources est considéré comme le cycle de financement car il doit permettre l’acquisition des immobilisations. L’image donnée par le bilan permettra de mettre en évidence les décisions prises : nouveaux apports ou retraits de fonds des actionnaires, choix d’affectation du résultat, augmentation ou diminution des prêts etc.
     
  • Le cycle d’investissement : Ce sont les emplois liés au cycle de financement. A quoi l’entreprise a utilisé ses ressources financières à long terme ? Ce sont les actifs immobilisés destinés à servir de façon durable dans le but de maintenir ou de développer le potentiel productif de l’entreprise.
     
  • Le cycle d’exploitation : ce sont les emplois et ressources directement liés à l’exploitation, au fonctionnement de l’entreprise. L’ensemble des flux, de matières, de marchandises, mais aussi financiers, qui circulent entre l’entreprise elle-même, ses fournisseurs et ses clients constitue les principaux postes du cycle d’exploitation. La dette fournisseur est une ressource tandis que l’acquisition des stocks ou les créances clients sont des besoins.

Ces notions de cycles sont fondamentales pour bien comprendre les principaux équilibres du bilan.

 

 

 

Fonds de roulement, besoin en fonds de roulement et trésorerie

 

Le fonds de roulement

 

Les cycles de financement et d’investissement permettent de comprendre que les ressources financières à long terme de l’entreprise (fonds propres + dettes à plus d’un an) financent l’acquisition des actifs immobilisés.

Ainsi, les ressources durables de l’entreprise sont affectées au financement des investissements.

La part non utilisée va constituer le fonds de roulement. Littéralement, la somme d’argent (les fonds) disponible pour faire fonctionner (rouler) l’activité de l’entreprise.

 

 

Le besoin en fonds de roulement

 

Le cycle d’exploitation permet de comprendre que le fonctionnement de l’activité génère aussi des besoins et des ressources du fait des décalages d’encaissement et de décaissements générant un besoin permanent d’argent : le besoin en fonds de roulement (BFR).

Rappelons que le calcul du montant du Besoin en Fonds de Roulement (BFR) s’effectue de la manière suivante : Besoin en Fonds de Roulement  = Stocks + Créances – Dettes à court terme

 

 

Le Besoin en Fonds de Roulement en vidéo

 

La trésorerie

 

Des observations précédentes découlent les équations suivantes :
  • Ressources durables – Emplois durables = Fonds de roulement net global
     
  • Actif circulant – Passif circulant = Besoin en fonds de roulement
     
  • Fonds de roulement (FR) – Besoin en fonds de roulement (BFR) = Trésorerie (T)
     
L’équation FR – BFR = T, valable dans tous les bilans du monde, est fondamentale pour comprendre la structure financière de l’entreprise.
 
 

Exemple pour un créateur d'entreprise

 

Pour démarrer, il fait,
  • Un apport en capital de 10 000 €
  • 6 000 € de prêt d’honneur (taux 0%) sur 5 ans pour acheter des immobilisations de 10 000 € (amortissables sur 5 ans),
  • Au bout de 6 mois il dispose de 1 000 € de crédit fournisseurs, 2 000 € de stocks, 6 000 € de créances clients
  • Au bout de 6 mois, il ne lui reste que 5 400 € de prêt à rembourser (il a déjà remboursé 6 mois à 100 €/mois)
  • Au bout de 6 mois, les immobilisations ont « vieillies » du montant de l’amortissement et sont valorisées à 9 000 € (10 000 / 5 = 2 000 / an donc 1 000 pour 6 mois)
 
  • Le fonds de roulement de cette entreprise est de :
    • Ressources durables = Capital + Prêt d’honneur = 10 000 € + 5 400 € = 15 400 €
    • Emplois durables = immobilisations = 9 000 €
    • Fonds de roulement = Ressources durables – Emplois durables = 15 400 € - 9 000 € = 6 400 €
 
  • Le besoins en fonds de roulement  est de :
    • Actif circulant = Stocks + Créances = 2 000 € + 6 000 € = 8 000 €
    • Passif circulant = Dettes d’exploitation = Dettes fournisseurs = 1 000 €
    • Besoin en fonds de roulement = Actif circulant – Passif circulant = 8 000 € - 1 000 € = 7 000 €
 
  • La trésorerie est de :
    • Fonds de roulement – Besoin en fonds de roulement = Trésorerie = 6 400 € - 7 000 € = - 600 €
 
Dans cet exemple, l’entrepreneur avait suffisamment de fonds pour démarrer.
Or, 6 mois plus tard, il fait face à une trésorerie négative car les fonds à disposition n’étaient pas suffisants pour financer les besoins de l’activité. Autrement dit, la trésorerie est négative car le fonds de roulement est inférieur au besoin en fonds de roulement. L’éternel FR – BFR = T !
 
Gérer sa trésorerie revient à respecter les équilibres entre FR et BFR

 

 

La trésorerie vue par le bilan

 

Piloter sa trésorerie consiste à respecter les équilibres du bilan 

  • Trésorerie (T) = Fonds de roulement (FR) – Besoin en fonds de roulement (BFR)
Partant de ces principes, améliorer sa trésorerie revient à augmenter le fonds de roulement et / ou diminuer le besoin en fonds de roulement.
 

 

 

  • Pour améliorer le fonds de roulement : augmenter les fonds propres, augmenter les dettes à long terme, diminuer les actifs immobilisés

 

 
  • Pour réduire le besoin en fonds de roulement : Augmenter les dettes à court terme, diminuer les actifs circulants (stocks et créances)

 

 

 

Mise à jour : 20 novembre 2017